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Un guide en 27 fiches pour repérer les dérives sectaires dans la santé et le bien-être

La MIVILUDES publie en octobre 2026 un guide pratique de 27 fiches pour aider professionnels de santé et particuliers à identifier et signaler les comportements à risque dans le domaine de la santé.

Sommaire de l’article
À retenir
  • La MIVILUDES a publié en octobre 2026 un guide pratique « Santé et dérives sectaires » composé de 27 fiches thématiques.
  • La santé et le bien-être sont devenus le premier domaine de signalements à la MIVILUDES : 37 % des saisines entre 2022 et 2024.
  • Sept fiches ont été élaborées avec les conseils nationaux des ordres professionnels de santé, dont une fiche spécifique pour les pharmaciens.
  • Le guide identifie des signaux d'alerte concrets : déstabilisation psychologique, rupture sociale, exigences financières excessives, offres de soins alternatives non validées.
  • Tout professionnel de santé ou particulier peut signaler à la MIVILUDES au 0 800 200 303.

La santé, premier terrain des dérives sectaires en France

Depuis plusieurs années, le domaine de la santé et du bien-être est devenu le secteur le plus touché par les signalements de dérives sectaires adressés à la MIVILUDES. Le rapport d'activité 2022-2024 de la mission interministérielle confirme cette tendance : 37 % des saisines concernaient la santé ou le bien-être, qu'il s'agisse de pratiques alternatives non conventionnelles, de médecines parallèles, de coachs en développement personnel ou de groupes spirituels proposant des « soins ».

Dans ce contexte, la publication en octobre 2026 d'un guide pratique « Santé et dérives sectaires », composé de 27 fiches thématiques, représente un outil de prévention concret attendu par les professionnels comme par le grand public.

27 fiches, dont 7 co-construites avec les ordres professionnels

Le guide de la MIVILUDES est issu d'un travail partenarial approfondi. Sept fiches ont été élaborées conjointement avec les conseils nationaux des ordres professionnels de santé — notamment pour les médecins, les infirmiers, les kinésithérapeutes et les pharmaciens. Cette démarche vise à ancrer les outils de repérage dans la réalité quotidienne des praticiens confrontés à ces situations.

La fiche dédiée aux pharmaciens illustre cette approche : elle répertorie des comportements observables susceptibles d'alerter le professionnel en contact avec des patients potentiellement sous emprise — refus d'ordonnance conventionnelle au profit de produits recommandés par un tiers, méfiance induite vis-à-vis de la médecine conventionnelle, achats répétés de compléments coûteux.

Les signaux d'alerte identifiés par la MIVILUDES

Le guide recense plusieurs catégories de signaux pouvant indiquer une situation de dérive sectaire dans le domaine de la santé :

Déstabilisation psychologique : état de confusion croissant, dépendance émotionnelle vis-à-vis d'un praticien ou d'un groupe, perte de confiance en ses propres jugements et capacités.

Rupture avec l'environnement : distanciation progressive de la famille, de l'entourage, des médecins habituels ; disparition des réseaux sociaux préexistants au profit d'une communauté exclusive.

Exigences financières excessives : sommes importantes versées pour des « soins », des formations, des séminaires ou des initiations, souvent accompagnées d'une pression à dépenser davantage pour « progresser ».

Offres thérapeutiques douteuses : pratiques présentées comme capables de guérir des maladies graves sans preuves scientifiques établies ; injonction d'interrompre un traitement médical conventionnel.

Distinguer pratiques légitimes et dérives : la clé comportementale

Il est important de distinguer les pratiques de bien-être légitimes — qui peuvent compléter un suivi médical — des comportements caractéristiques d'une dérive. La MIVILUDES insiste sur le fait que la dérive se caractérise moins par la nature de la pratique que par les comportements observables qui l'entourent :

  • Le praticien exerce-t-il une pression pour rompre avec le suivi médical conventionnel ?
  • La personne se sent-elle obligée de garder le secret sur ses « soins » ou sur les sommes versées ?
  • Des montants croissants sont-ils demandés, liés à une promesse de guérison ou d'évolution personnelle ?
  • La personne est-elle progressivement coupée de ses proches ou de ses médecins habituels ?

Ces indicateurs ne constituent pas en eux-mêmes une qualification juridique, mais ils permettent d'identifier des situations méritant un signalement.

Le rôle clé des professionnels de santé

Les professionnels de santé se trouvent souvent en première ligne pour repérer ces situations. Un médecin traitant, un pharmacien ou une infirmière peut être la seule personne extérieure au groupe à maintenir un contact régulier avec la personne concernée.

Le guide fournit des outils concrets : questions à poser lors d'une consultation, conduite à tenir en cas de suspicion, ressources vers lesquelles orienter les patients ou leurs proches. Il rappelle que le signalement à la MIVILUDES peut être effectué par tout professionnel ou particulier, sans que cela constitue une accusation formelle.

Ce que disent les chiffres

La montée des signalements dans le domaine santé/bien-être est documentée par plusieurs sources :

  • 37 % des saisines de la MIVILUDES entre 2022 et 2024 concernaient ce secteur (rapport d'activité 2022-2024, MIVILUDES, avril 2025).
  • En 2024, 4 571 saisines ont été adressées à la MIVILUDES, soit +111 % depuis 2015.
  • Des condamnations récentes pour abus de faiblesse dans le domaine du coaching illustrent la réalité judiciaire de ces dérives (Rennes, 2026 ; Niort, 5 février 2026).

Le cadre juridique

La lutte contre les dérives sectaires dans le domaine de la santé s'appuie sur :

  • L'article 223-15-2 du Code pénal (abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse), applicable lorsqu'une personne vulnérable est exploitée par un praticien ou un groupe — puni de 3 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
  • La loi About-Picard du 12 juin 2001 (loi n° 2001-504), fondement du dispositif pénal.
  • La loi du 10 avril 2024 renforçant la lutte contre les dérives sectaires, qui a étendu les qualifications aux pratiques thérapeutiques alternatives frauduleuses.

Ressources

  • MIVILUDES : miviludes.interieur.gouv.fr — 0 800 200 303 (gratuit)
  • UNADFI : unadfi.org
  • CCMM : ccmm.asso.fr
  • France Victimes : 116 006

Sources

  • Guide Santé et dérives sectaires — Santé Mentale, octobre 2026
  • Deux nouveaux outils pour prévenir les dérives sectaires en santé — Le Moniteur des Pharmacies
  • Un « Dérivomètre » pour prévenir les dérives sectaires dans la santé — Weka
  • Flash MIVILUDES guide santé — Décaux Assurances, 23 octobre 2026
  • Dérives sectaires, l'inquiétante progression — UNADFI

À retenir pour la relecture
  • Le nombre de fiches (27) et les ordres partenaires sont à vérifier sur le guide officiel MIVILUDES (non consulté directement).
  • Les informations proviennent d'articles de presse spécialisée, pas du document source : les détails peuvent différer.
  • Ne pas présenter le guide comme interdisant des pratiques : son rôle est de sensibiliser et d'outiller.

Checklist de relecture humaine


Note de la rédaction — méthode 70/30 : brouillon (Draft) produit en mode semi-automatisé dans le cadre de la veille mensuelle de l'association Crise Conscience (loi 1901, partenaire UNADFI). Validation humaine requise avant toute diffusion.

À retenir
  • En septembre et octobre 2026, la MIVILUDES a signé deux conventions avec les principales instances catholiques françaises : la CORREF (29 septembre) et la Conférence des évêques de France (6-7 octobre).
  • Ces partenariats visent à mieux détecter et prévenir les dérives sectaires comportementales au sein des communautés religieuses, sans porter de jugement sur les pratiques de foi.
  • La démarche reconnaît que des comportements d'emprise, d'isolement et d'abus peuvent exister dans tout type de communauté, y compris institutionnelle.
  • L'approche reste centrée sur les comportements observables : emprise psychologique, ostracisme, abus financier, ruptures familiales imposées.
  • Ces conventions s'inscrivent dans un contexte de prise de conscience accrue au sein des institutions catholiques françaises.

Quand les institutions religieuses s'engagent pour la prévention

En septembre et octobre 2026, la MIVILUDES a franchi une étape significative en matière de partenariats institutionnels. En l'espace de quelques semaines, la mission interministérielle a signé deux conventions avec des instances représentatives du catholicisme français.

La première, avec la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France), a été signée le 29 septembre 2026. La seconde, avec la Conférence des évêques de France (CEF), l'a suivie autour du 6-7 octobre 2026. Cette cadence rapide illustre une volonté partagée de renforcer la prévention en milieu institutionnel religieux.

Ces deux accords s'inscrivent dans une démarche que la MIVILUDES développe depuis plusieurs années : établir des partenariats avec des organismes de terrain capables de détecter des dérives comportementales au plus près de leurs communautés.

Ce que ces conventions visent — et ce qu'elles ne font pas

Il est d'emblée nécessaire de préciser ce que ces conventions ne font pas :

  • Elles ne constituent pas une mise en cause des pratiques religieuses en elles-mêmes.
  • Elles ne créent pas un droit de contrôle de la MIVILUDES sur les pratiques cultuelles.
  • Elles ne qualifient pénalement aucune organisation.

L'association Crise Conscience, comme la MIVILUDES, distingue clairement la liberté de croyance — protégée par la Constitution et par l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme — des comportements sectaires qui peuvent surgir dans n'importe quel cadre, y compris au sein d'institutions légitimes.

Ces conventions s'inscrivent dans une logique de co-construction de la prévention : les institutions religieuses assument elles-mêmes leur responsabilité de vigilance vis-à-vis des comportements qui pourraient survenir en leur sein.

Les comportements visés dans les communautés religieuses

Dans tout contexte communautaire — religieux ou non —, une dérive sectaire se caractérise par des comportements observables portant atteinte à l'autonomie et à la dignité des personnes :

Emprise psychologique : dépendance croissante à un leader ou à un groupe, perte progressive de la capacité à prendre des décisions autonomes, culpabilisation de toute velléité de distance ou de questionnement.

Ostracisme : pression ou sanction sociale exercée sur ceux qui remettent en question les pratiques du groupe, ou qui envisagent de le quitter. Ce phénomène peut revêtir une dimension particulièrement sévère dans des contextes de vie communautaire intense.

Ruptures familiales imposées : séparation encouragée ou imposée d'avec la famille biologique, les anciens proches ou toute relation extérieure à la communauté.

Abus financier : dons excessifs, transferts de biens ou de patrimoine effectués sous pression psychologique ou au nom d'une promesse de salut ou de croissance spirituelle.

Ces comportements relèvent du droit commun, notamment de l'article 223-15-2 du Code pénal (abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse, puni de 3 ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende).

Le contexte : une prise de conscience accrue

La démarche de la CORREF et de la CEF s'inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience au sein des institutions catholiques françaises. La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE), dont le rapport a été rendu public en octobre 2021, avait mis en lumière le lien entre systèmes de domination institutionnelle et vulnérabilité des victimes. Ce contexte a contribué à ouvrir un dialogue institutionnel sur la prévention de toutes les formes d'emprise.

Par ailleurs, plusieurs communautés religieuses françaises ont, au cours des dernières années, fait l'objet d'enquêtes internes ou judiciaires relatives à des comportements d'emprise et d'abus de confiance. Ces situations ont renforcé la prise de conscience qu'aucune institution, quelle que soit sa légitimité, n'est immunisée contre ces risques.

Comment signaler une situation préoccupante

Si vous êtes un membre d'une communauté, un ancien membre, ou un proche inquiet pour une personne, plusieurs ressources sont disponibles :

  • La MIVILUDES propose un signalement confidentiel en ligne ou par téléphone. Les informations transmises peuvent contribuer à des enquêtes sans constituer une plainte formelle.
  • L'UNADFI accompagne les proches et les personnes sortant de groupes à comportements sectaires.
  • Le CCMM propose écoute et orientation pour les victimes d'emprise mentale.

Il est important de noter que le signalement ne présuppose pas la culpabilité d'une organisation : il permet à des professionnels qualifiés d'évaluer une situation et d'orienter vers les ressources appropriées.

Cadre juridique et ressources

  • MIVILUDES : miviludes.interieur.gouv.fr — 0 800 200 303 (gratuit)
  • UNADFI : unadfi.org
  • CCMM : ccmm.asso.fr
  • France Victimes : 116 006
  • Loi About-Picard du 12 juin 2001 (loi n° 2001-504) — article 223-15-2 du Code pénal
  • Loi du 10 avril 2024 renforçant la lutte contre les dérives sectaires

Sources

  • La MIVILUDES et le CORREF signent une convention — UNADFI, 25 août 2026
  • Dérives sectaires : un accord entre l'Église et la MIVILUDES — YouTube / MIVILUDES
  • Actualités MIVILUDES, octobre 2026
  • Dérives sectaires, l'inquiétante progression — UNADFI

À retenir pour la relecture
  • Vérifier les dates exactes des deux signatures (CORREF : 29 septembre selon l'UNADFI ; CEF : 6 ou 7 octobre selon les sources).
  • Le contenu précis des conventions n'est pas disponible publiquement : la section « Ce que visent ces conventions » est une reconstitution raisonnée à vérifier.
  • S'assurer que l'article n'est pas perçu comme une mise en cause de l'Église catholique dans son ensemble.

Checklist de relecture humaine


Note de la rédaction — méthode 70/30 : brouillon (Draft) produit en mode semi-automatisé dans le cadre de la veille mensuelle de l'association Crise Conscience (loi 1901, partenaire UNADFI). Validation humaine requise avant toute diffusion.