MIVILUDES, CORREF et évêques de France : trois acteurs s'allient pour prévenir les dérives dans les communautés religieuses
En septembre-octobre 2026, la MIVILUDES a signé deux conventions avec les principales instances catholiques françaises pour renforcer la prévention des dérives sectaires au sein des communautés religieuses, centrée sur les comportements et non sur les croyances.
Sommaire de l’article
À retenir
- En septembre et octobre 2026, la MIVILUDES a signé deux conventions avec les principales instances catholiques françaises : la CORREF (29 septembre) et la Conférence des évêques de France (6-7 octobre).
- Ces partenariats visent à mieux détecter et prévenir les dérives sectaires comportementales au sein des communautés religieuses, sans porter de jugement sur les pratiques de foi.
- La démarche reconnaît que des comportements d'emprise, d'isolement et d'abus peuvent exister dans tout type de communauté, y compris institutionnelle.
- L'approche reste centrée sur les comportements observables : emprise psychologique, ostracisme, abus financier, ruptures familiales imposées.
- Ces conventions s'inscrivent dans un contexte de prise de conscience accrue au sein des institutions catholiques françaises.
Quand les institutions religieuses s'engagent pour la prévention
En septembre et octobre 2026, la MIVILUDES a franchi une étape significative en matière de partenariats institutionnels. En l'espace de quelques semaines, la mission interministérielle a signé deux conventions avec des instances représentatives du catholicisme français.
La première, avec la CORREF (Conférence des religieux et religieuses de France), a été signée le 29 septembre 2026. La seconde, avec la Conférence des évêques de France (CEF), l'a suivie autour du 6-7 octobre 2026. Cette cadence rapide illustre une volonté partagée de renforcer la prévention en milieu institutionnel religieux.
Ces deux accords s'inscrivent dans une démarche que la MIVILUDES développe depuis plusieurs années : établir des partenariats avec des organismes de terrain capables de détecter des dérives comportementales au plus près de leurs communautés.
Ce que ces conventions visent — et ce qu'elles ne font pas
Il est d'emblée nécessaire de préciser ce que ces conventions ne font pas :
- Elles ne constituent pas une mise en cause des pratiques religieuses en elles-mêmes.
- Elles ne créent pas un droit de contrôle de la MIVILUDES sur les pratiques cultuelles.
- Elles ne qualifient pénalement aucune organisation.
L'association Crise Conscience, comme la MIVILUDES, distingue clairement la liberté de croyance — protégée par la Constitution et par l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme — des comportements sectaires qui peuvent surgir dans n'importe quel cadre, y compris au sein d'institutions légitimes.
Ces conventions s'inscrivent dans une logique de co-construction de la prévention : les institutions religieuses assument elles-mêmes leur responsabilité de vigilance vis-à-vis des comportements qui pourraient survenir en leur sein.
Les comportements visés dans les communautés religieuses
Dans tout contexte communautaire — religieux ou non —, une dérive sectaire se caractérise par des comportements observables portant atteinte à l'autonomie et à la dignité des personnes :
Emprise psychologique : dépendance croissante à un leader ou à un groupe, perte progressive de la capacité à prendre des décisions autonomes, culpabilisation de toute velléité de distance ou de questionnement.
Ostracisme : pression ou sanction sociale exercée sur ceux qui remettent en question les pratiques du groupe, ou qui envisagent de le quitter. Ce phénomène peut revêtir une dimension particulièrement sévère dans des contextes de vie communautaire intense.
Ruptures familiales imposées : séparation encouragée ou imposée d'avec la famille biologique, les anciens proches ou toute relation extérieure à la communauté.
Abus financier : dons excessifs, transferts de biens ou de patrimoine effectués sous pression psychologique ou au nom d'une promesse de salut ou de croissance spirituelle.
Ces comportements relèvent du droit commun, notamment de l'article 223-15-2 du Code pénal (abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse, puni de 3 ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende).
Le contexte : une prise de conscience accrue
La démarche de la CORREF et de la CEF s'inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience au sein des institutions catholiques françaises. La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (CIASE), dont le rapport a été rendu public en octobre 2021, avait mis en lumière le lien entre systèmes de domination institutionnelle et vulnérabilité des victimes. Ce contexte a contribué à ouvrir un dialogue institutionnel sur la prévention de toutes les formes d'emprise.
Par ailleurs, plusieurs communautés religieuses françaises ont, au cours des dernières années, fait l'objet d'enquêtes internes ou judiciaires relatives à des comportements d'emprise et d'abus de confiance. Ces situations ont renforcé la prise de conscience qu'aucune institution, quelle que soit sa légitimité, n'est immunisée contre ces risques.
Comment signaler une situation préoccupante
Si vous êtes un membre d'une communauté, un ancien membre, ou un proche inquiet pour une personne, plusieurs ressources sont disponibles :
- La MIVILUDES propose un signalement confidentiel en ligne ou par téléphone. Les informations transmises peuvent contribuer à des enquêtes sans constituer une plainte formelle.
- L'UNADFI accompagne les proches et les personnes sortant de groupes à comportements sectaires.
- Le CCMM propose écoute et orientation pour les victimes d'emprise mentale.
Il est important de noter que le signalement ne présuppose pas la culpabilité d'une organisation : il permet à des professionnels qualifiés d'évaluer une situation et d'orienter vers les ressources appropriées.
Cadre juridique et ressources
- MIVILUDES : miviludes.interieur.gouv.fr — 0 800 200 303 (gratuit)
- UNADFI : unadfi.org
- CCMM : ccmm.asso.fr
- France Victimes : 116 006
- Loi About-Picard du 12 juin 2001 (loi n° 2001-504) — article 223-15-2 du Code pénal
- Loi du 10 avril 2024 renforçant la lutte contre les dérives sectaires
Sources
- La MIVILUDES et le CORREF signent une convention — UNADFI, 25 août 2026
- Dérives sectaires : un accord entre l'Église et la MIVILUDES — YouTube / MIVILUDES
- Actualités MIVILUDES, octobre 2026
- Dérives sectaires, l'inquiétante progression — UNADFI
À retenir pour la relecture
- Vérifier les dates exactes des deux signatures (CORREF : 29 septembre selon l'UNADFI ; CEF : 6 ou 7 octobre selon les sources).
- Le contenu précis des conventions n'est pas disponible publiquement : la section « Ce que visent ces conventions » est une reconstitution raisonnée à vérifier.
- S'assurer que l'article n'est pas perçu comme une mise en cause de l'Église catholique dans son ensemble.
Checklist de relecture humaine
Note de la rédaction — méthode 70/30 : brouillon (Draft) produit en mode semi-automatisé dans le cadre de la veille mensuelle de l'association Crise Conscience (loi 1901, partenaire UNADFI). Validation humaine requise avant toute diffusion.