Rapport MIVILUDES 2022-2024 : signalements en forte hausse et nouveau partenariat institutionnel
Le rapport 2022-2024 de la MIVILUDES, rendu public le 3 juillet 2026, recense 4 571 signalements en 2024 (+111 % depuis 2015). Le 8 juillet, une convention inédite a été signée avec les religieux.
Sommaire de l’article
À retenir
- Le rapport 2022-2024 de la MIVILUDES, rendu public le 3 juillet 2026, recense 4 571 signalements en 2024, soit +111 % depuis 2015.
- La santé et le bien-être représentent désormais 37 % des signalements, devant les spiritualités et cultes.
- Le nombre de signalements transmis aux parquets a doublé en deux ans : 33 (2021-2022) contre 80 (2023-2024).
- 19 % des signalements impliquent des mineurs, un chiffre qui monte à 39 % en incluant les expositions collectives.
- Le 8 juillet 2026, la MIVILUDES et la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) ont signé une convention de partenariat inédite.
L'état des dérives sectaires en France : que dit le rapport 2022-2024 ?
Le 3 juillet 2026, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) a rendu public son rapport d'activité couvrant les années 2022 à 2024. Ce document, attendu par les associations de protection des victimes, confirme une tendance de fond : les dérives sectaires en France ne reculent pas — elles se diversifient.
Des chiffres en hausse constante
Le rapport fait état de 4 571 signalements et demandes d'informations reçus par la MIVILUDES en 2024, contre 4 375 en 2023 et 4 148 en 2022. Depuis 2015, le nombre total de saisines a plus que doublé (+111 %), ce qui illustre à la fois une prise de conscience accrue des victimes et un phénomène en expansion réelle.
Plus significatif encore : les signalements transmis aux parquets au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale ont connu une augmentation spectaculaire. On est passé de 33 signalements sur la période 2021-2022 à 80 sur la période 2023-2024, soit un doublement en deux ans. Ces transmissions concernent des faits graves : tentative d'assassinat, viols et agressions sexuelles, abus de faiblesse, maltraitances, exercice illégal de la médecine.
La santé et le bien-être, premier terrain de vigilance
Pour la première fois, la thématique santé et bien-être dépasse les spiritualités traditionnelles pour représenter 37 % de l'ensemble des signalements traités de 2022 à 2024. Cette évolution reflète la prolifération de structures de taille réduite proposant des thérapies non conventionnelles — souvent développées ou amplifiées pendant la crise sanitaire de 2020-2022.
La MIVILUDES souligne en particulier « un accroissement des thérapies alternatives et des pratiques non conventionnelles de soin », parfois au sein d'établissements de santé reconnus. Le coaching, le bien-être numérique et les médecines parallèles sont explicitement ciblés comme vecteurs de comportements susceptibles de caractériser des abus au sens de la loi About-Picard du 12 juin 2001 et de l'article 223-15-2 du Code pénal.
La vulnérabilité des mineurs, signal d'alarme
Le rapport met en lumière une donnée préoccupante : 19 % des signalements reçus en 2023 et 2024 concernent des situations impliquant directement des mineurs. Ce chiffre monte à 39 % lorsqu'on intègre les signalements relatifs à des groupes d'enfants exposés collectivement à des pratiques problématiques.
Cette dimension confirme la nécessité d'une vigilance particulière dans les milieux éducatifs et familiaux, où des parents appartenant à des groupes à fonctionnement sectaire peuvent exposer leurs enfants à des environnements d'isolement social, de contrôle informationnel ou d'emprise psychologique.
Une convention inédite avec les religieux de France
Dans les jours qui ont suivi la publication du rapport, la MIVILUDES a franchi une étape institutionnelle notable. Le 8 juillet 2026, Patricia Mirallès, présidente de la MIVILUDES, et la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) ont signé une convention de partenariat de deux ans, renouvelable.
Cet accord s'articule autour de quatre axes :
- L'échange d'informations sur les situations à risque
- L'analyse conjointe des facteurs favorisant les dérives sectaires
- La production de messages de prévention et de sensibilisation
- La formation des responsables d'instituts religieux
En s'associant avec les structures religieuses organisées, la MIVILUDES reconnaît que les dérives sectaires peuvent survenir au sein de n'importe quel groupe hiérarchisé, y compris des instituts de vie consacrée — et que la prévention passe aussi par la sensibilisation interne de ces structures.
Ce que cela signifie pour les proches et les professionnels
Pour une personne inquiète pour un proche, ces chiffres rappellent que les contextes à risque sont multiples : un stage de développement personnel, une thérapie alternative, un séjour spirituel, un groupe de bien-être en ligne. La vigilance ne se limite pas aux organisations historiquement signalées.
Pour les professionnels de santé, d'éducation ou du travail social, le rapport de la MIVILUDES constitue une référence pour identifier des comportements susceptibles d'être signalés : isolement du sujet, dépendance à un « guide », dépenses financières inexpliquées, ruptures familiales.
Comment signaler ?
En France, tout particulier peut contacter la MIVILUDES directement via le formulaire en ligne sur miviludes.interieur.gouv.fr. L'UNADFI et le CCMM proposent également des lignes d'écoute et un accompagnement pour les victimes et leurs proches.
Cadre légal de référence
- Loi About-Picard du 12 juin 2001 : crée le délit d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse dans un contexte sectaire.
- Article 223-15-2 du Code pénal : punit l'abus de faiblesse de 3 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
- MIVILUDES (miviludes.interieur.gouv.fr) : coordination gouvernementale de la vigilance.
- UNADFI et CCMM : accompagnement associatif des victimes.
À retenir — synthèse
- 4 571 signalements à la MIVILUDES en 2024, un record.
- Santé et bien-être : premier secteur de risque, devant les spiritualités traditionnelles.
- Mineurs impliqués dans près d'un signalement sur cinq.
- Convention inédite MIVILUDES-CORREF signée le 8 juillet 2026.
- Les parquets reçoivent deux fois plus de transmissions qu'il y a deux ans.
Checklist de relecture humaine
Note de la rédaction — Méthode 70/30 · Statut Draft
Cet article a été produit selon la méthode 70 % IA / 30 % humain de Crise Conscience. Les données proviennent de sources institutionnelles publiques (MIVILUDES, CORREF, UNADFI). Il doit être relu et validé par la rédaction humaine avant toute mise en ligne.
Sources
- Rapport d'activité 2022-2024 de la MIVILUDES
- Dérives sectaires : des signalements en hausse — Ministère de l'Intérieur
- 4 571 signalements à la MIVILUDES en 2024 — UNADFI
- Convention MIVILUDES-CORREF — France Info
- Signature de la convention — Vie religieuse (CORREF)
- Dérives sectaires en santé — Santé Mentale